étourdissement

étourdissement

étourdissement [ eturdismɑ̃ ] n. m.
estordissement 1213; de étourdir
1Trouble caractérisé par une sensation de tournoiement, d'engourdissement, une perte momentanée de conscience. éblouissement, évanouissement, faiblesse, syncope, vertige. Avoir un étourdissement. Être sujet aux étourdissements. « Vous avez des étourdissements; comment avez-vous résolu de les nommer, puisque vous ne voulez plus dire des vapeurs ? » (Mme de Sévigné).
2État d'une personne étourdie, grisée. griserie, ivresse, vertige. L'étourdissement du succès.
3Action de s'étourdir. « un désir immodéré de l'étourdissement, des relations faciles, de la noce » (Jaloux).

étourdissement nom masculin Perte momentanée de sensibilité et d'équilibre pouvant aller vers une perte de connaissance ; éblouissement, vertige. Littéraire. État de griserie, d'ivresse légère : L'étourdissement dû à ce premier succès lui fut fatal. Action de faire perdre la sensibilité aux animaux de boucherie avant de les saigner. ● étourdissement (synonymes) nom masculin Perte momentanée de sensibilité et d'équilibre pouvant aller vers une...
Synonymes :
- défaillance
- éblouissement
Littéraire. État de griserie, d'ivresse légère
Synonymes :
- fumées

étourdissement
n. m.
d1./d Vertige, perte de conscience momentanée; sensation d'évanouissement. être pris d'un étourdissement.
d2./d Griserie.

⇒ÉTOURDISSEMENT, subst. masc.
A.— MÉD. et usuel. Trouble provoqué par un choc moral ou physique et parfois caractérisé par une perte de conscience momentanée. Synon. défaillance, éblouissement, évanouissement, faiblesse. La colique, la nausée, la faim, la soif, le mal d'estomac, le mal de tête, les étourdissements (...) sont bien aussi des sensations (DESTUTT DE TR., Idéol., 1801, p. 36). Ce n'est qu'un étourdissement, tout au plus. Je n'ai pas perdu connaissance une seconde (BERNANOS, Imposture, 1927, p. 501) :
1. Je me plaisais à d'excessives frugalités, mangeant si peu que ma tête en était légère et que toute sensation me devenait une sorte d'ivresse. J'ai bu de bien des vins depuis, mais aucun ne donnait, je sais, cet étourdissement du jeûne, au grand matin ce vacillement de la plaine, avant que, le soleil venu, je ne dorme au creux d'une meule.
GIDE, Nourrit. terr., 1897, p. 187.
P. métaph. :
2. Un souvenir confus, une pâle mémoire lui restait d'espaces, d'étendues, de lieux vagues, de ces mondes et de ces limbes où les malades s'en vont pendant les dernières nuits qui les détachent de la terre, et dont ils sortent tout étonnés, avec l'étourdissement et la stupeur de l'infini, comme si dans leur rêve oublié avaient battu les premiers coups d'ailes de la mort!
GONCOURT, Mauperin, 1864, p. 323.
B.— P. ext. Fatigue provoquée par un bruit, des paroles lassantes. Elle tombait seulement dans une rêverie, sous l'étourdissement des paroles intarissables du jeune homme (ZOLA, Pot-Bouille, 1882, p. 172). Me suis réveillé dans l'étourdissement du bourdonnement des abeilles (GIDE, Journal, 1906, p. 217).
C.— Au fig. Fait de s'étourdir; état de griserie, d'ivresse qui en résulte. Une telle ivresse des sens et un si voluptueux étourdissement de la pensée que je ne puis y songer sans émotion (LAMART., Confid., 1849, p. 94). Il vivait au milieu d'un tel étourdissement sensuel, qu'en dehors du besoin de la posséder, il n'éprouvait rien de bien net (ZOLA, Nana, 1880, p. 1260) :
3. Ce qui me tente, c'est le voyage, c'est l'étourdissement, c'est l'oubli. L'instinct de m'échapper à moi-même renaît toujours. L'impossibilité d'être content de moi me rejette dans la dispersion effrénée. Et pourtant, à quoi bon?
AMIEL, Journal, 1866, p. 379.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1213 « perte momentanée de conscience » (Faits des Romains, éd. L. F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, p. 318, 15 : Quant il furent venu de l'estordissement arriere en lor sens); 2. 1553 « état de grand trouble moral » (La Bible, Impr. Jean Gérard); 3. 1685 « action de s'étourdir, de s'étourdir, de se distraire » (BOSS., Ann. de Gonz. ds LITTRÉ). 4. av. 1799 « griserie, vertige » (MARMONTEL, Mém., XI, ibid.). Dér. du rad. du part. prés. de étourdir; suff. -(e)ment1. Fréq. abs. littér. :290. Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 338, b) 643; XXe s. : a) 445, b) 331.

étourdissement [etuʀdismɑ̃] n. m.
ÉTYM. 1213, estordissement; de étourdir.
1 Trouble caractérisé par une sensation passagère, un vertige d'engourdissement, une perte momentanée de conscience. Défaillance, éblouissement, évanouissement, faiblesse, syncope, trouble, vapeur, vertige. || L'étourdissement peut être provoqué par un coup violent, une commotion, une vive émotion, une cause pathologique. || Avoir un étourdissement, des étourdissements (→ Détraquement, cit. 1). || La tête lui tournait; il lui a pris un étourdissement, il a cru qu'il allait tomber. Tourner. || Revenir d'un étourdissement.
1 Vous avez des étourdissements; comment avez-vous résolu de les nommer, puisque vous ne voulez plus dire des vapeurs ?
Mme de Sévigné, 891, in Littré.
2 D'abord, ce fut comme un étourdissement; elle voyait les arbres, les chemins, les fossés, Rodolphe, et elle sentait encore l'étreinte de ses bras, tandis que le feuillage frémissait et que les joncs sifflaient.
Flaubert, Mme Bovary, II, IX.
3 Dans le monde du sommeil, nos perceptions sont tellement surchargées, chacune épaissie par une superposée qui la double, l'aveugle inutilement, que nous ne savons même pas distinguer ce qui se passe dans l'étourdissement du réveil (…)
Proust, À la recherche du temps perdu, t. XI, p. 151.
Par ext. Fatigue due au bruit, au mouvement incessant.
2 (V. 1790). État d'une personne étourdie ( Étourdir, 3.), grisée. Griserie, ivresse, vertige. || L'étourdissement que cause une fortune subite, le succès.
4 Il est bien difficile d'être aussi fortuné sans un peu d'étourdissement.
Marmontel, Mémoires, XI.
3 (1553). Trouble moral. Égarement, fièvre.
5 Les bruits, les voix, les nouvelles, les alarmes, les lettres saisies, les découvertes vraies ou fausses, tant de secrets révélés, tant d'hommes amenés au tribunal, brouillaient l'esprit et la raison; un des électeurs disait : « N'est-ce pas le Jugement dernier ? » (…) L'étourdissement était arrivé à ce point qu'on avait tout oublié, le prévôt et la Bastille.
Michelet, Hist. de la Révolution française, t. I, p. 201.
6 Pendant les premiers jours, l'étourdissement de toutes ces aventures accumulées, la stupeur de ces revirements de fortune, la distraction forcée du voyage l'avaient empêché de se rendre compte du véritable état de son âme.
Th. Gautier, le Capitaine Fracasse, XIX, t. II, p. 291.
7 Du reste, elle ne voulait pas aller à Paris, elle y avait été plusieurs fois et n'en avait rapporté qu'une sensation désagréable d'étourdissement et de fièvre.
J. Green, Adrienne Mesurat, p. 172.
4 (1685). Action de s'étourdir par une vie de plaisirs.
8 Il y a en moi quelque chose d'un peu bas, un désir immodéré de l'étourdissement, des relations faciles, de la noce. En un mot comme en cent, j'ai du goût pour la guinguette (…)
Edmond Jaloux, Fumées dans la campagne, XVIII.
CONTR. Réveil.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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  • étourdissement — (é tour di se man) s. m. 1°   Ébranlement causé par un coup violent ou par une forte commotion. Son étourdissement dura longtemps. 2°   État de trouble cérébral qu on éprouve soit en montant sur un édifice élevé, soit en regardant dans un abîme,… …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

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